Colloque du CDSE 2021 : le regard d’Alain Juillet, président d’honneur du CDSE, sur les 25 ans de l’organisation

Publié le 18 février

Le Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE), créé en 1995, fêtait ses 25 ans en 2020. A l’occasion du colloque annuel de l’organisation, jeudi 16 décembre 2021, Alain Juillet, président d’honneur du CDSE, revient sur les évolutions du Club et de la fonction sécurité-sûreté en entreprise tout au long de ces années.

Le Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE) est créé en 1995, dans un contexte où le monde se trouvait « dans une profonde mutation avec l’arrivée de nouveaux risques pour les entreprises », affirme Alain Juillet, jeudi 16 décembre 2021. « On le percevait au niveau du CDSE, mais pas du tout au niveau du grand public et de l’Etat », poursuit l’ex-président du Club (2011-2017), lors d’une intervention dans le cadre du colloque de l’organisation, au Palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux. « Tout le problème, c’était à la fois de bien coopter, de transmettre entre tous et puis de penser et construire l’avenir. »

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« La fonction n’était pas très valorisée »

Alain Juillet rappelle que, à cette époque, le CDSE ne comptait qu’une quinzaine de membres. « Il s’agissait d’un petit groupe essentiellement composé d’anciens fonctionnaires de la police ou de la gendarmerie et du ministère de l’Intérieur », précise-t-il. La fonction était alors encore peu reconnue : « Les directeurs de la sécurité, pour 99 % des grands chefs d’entreprise, c’était le patron du gardiennage. Comme la fonction n’était pas très valorisée, dans la plupart des entreprises françaises, le directeur de la sécurité n’était pas considéré. » Président d’honneur du CDSE depuis 2017, Alain Juillet rapporte que le directeur sécurité-sûreté était alors surtout « jugé à son efficacité dans ses contacts avec le ministère de l’Intérieur ». « Le directeur de sécurité obtenait beaucoup grâce à son réseau personnel : on essayait d’avoir des informations, faire passer des messages. Il est évident que c’était catastrophique : c’était totalement disparate et totalement injuste. »

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Lorsqu’il succède à François Roussely à la présidence du Club, en 2011, l’organisation compte déjà une cinquantaine de membres. « On voyait les nuages qui commençaient à s’amonceler, et tout le problème était de faire passer le message aux dirigeants d’entreprise que la sécurité allait devenir quelque chose de plus en plus important, avec des problématiques de plus en plus complexes et variées », se souvient-il. « Il fallait donc que les entreprises se dotent d’un très bon niveau de cadres dirigeants dans la sécurité, et que ces professionnels soient reconnus », poursuit Alain Juillet, soulignant en outre l’importance de rapprocher le directeur sécurité au plus près du dirigeant d’entreprise.

Afin d’aider les directeurs sécurité à échanger entre eux, des commissions thématiques sont créées au sein du CDSE. « Elles permettent à tous ceux qui sont intéressés de travailler et d’échanger sur un domaine ou sur un autre », détaille l’ancien Haut responsable à l’intelligence économique. « Cela contribue profondément à l’amélioration du métier et de ses capacités d’anticipation ainsi que d’appréhension des futures évolutions de la fonction », souligne-t-il.

Le directeur sécurité doit être « écouté des deux côtés »

Pour Alain Juillet, la fonction sécurité-sûreté doit être « structurée et organisée » et le directeur doit être autant reconnu par son entreprise que par les interlocuteurs régaliens. « Un directeur de la sécurité tel qu’on en rêve, et tel qu’il est en train de se construire, on lui fait confiance dans l’entreprise et on lui fait confiance du côté de l’Etat », précise-t-il. « Il est écouté des deux côtés ».

« Les Américains ont exactement les mêmes problèmes que nous, mais comme toujours avec 10 ou 15 ans d’avance, donc c’est intéressant d’observer comment ils les ont traités », analyse Alain Juillet. Il évoque ainsi le CPP, certification proposée par l’ASIS (American society for industry security) devenu indispensable « pour être directeur de la sécurité d’une entreprise aux Etats-Unis ». « Ce diplôme a un avantage, c’est qu’il garantit que la personne qui prend le poste a une vision sur l’ensemble », estime-t-il. « C’est un moyen de garantir une connaissance générale » mais « il ne faut pas croire que le directeur de la sécurité sait tout sur tout, parce que c’est impossible ». « Pour être directeur de la sécurité, il faut être avant tout un professionnel. »

« Adapter en permanence le CDSE à la réalité du moment »

Pour Alain Juillet, « le CDSE a joué tout son rôle » dans l’évolution du statut du directeur de la sécurité en France. « Le CDSE est une réussite fantastique avec un positionnement exceptionnel, c’est indiscutable, tant au niveau des pouvoirs publics, qu’au niveau des entreprises », affirme-t-il. Mais, selon lui, il reste toujours nécessaire « d’anticiper l’avenir, de réfléchir à l’évolution du métier et se doter des éléments de réponse en concertation entre les uns et les autres ». « Il faut adapter en permanence le CDSE à la réalité du moment. »

Le président d’honneur du CDSE souligne que les directeurs sécurité sont « de formidables interlocuteurs [tant pour l’entreprise que pour l’Etat] parce qu’ils représentent véritablement la meilleure connaissance possible de la problématique ». C’est la raison pour laquelle « il faut qu’on les intègre, et qu’ils fassent partie des raisonnements, il ne faut pas que ça soit quelque chose de marginal ».

« Il faut maintenant qu’on ait un cercle de confiance dans lequel l’État et les entreprises travaillent ensemble », poursuit Alain Juillet. Citant notamment l’opportunité et les enjeux que représentent la Coupe du monde rugby 2023 et les JOP de Paris 2024, il souligne que « dans la sécurité, tout est en train de se faire ». « Je pense que c’est le bon moment pour dire à la puissance publique de prendre conscience que nous sommes une force importante, non seulement pour expliquer, pour organiser, pour conseiller, mais aussi une force en tant que telle, qui voit plus loin. »

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