Coronavirus et continuité d’activités : Stéphane Volant répond aux questions du Monde Afrique

Publié le 12 mars

Stéphane Volant évoque, dans une interview publiée par Le Monde Afrique, jeudi 12 mars 2020, les défis des entreprises françaises face à l’épidémie de Coronavirus. Le président du Club des directeurs de sécurité des entreprises revient par ailleurs plus largement sur les enjeux de sécurité et sûreté des entreprises en Afrique.

Morceaux choisis :

Comment les entreprises peuvent-elles faire face à cette crise du coronavirus ?

"Il y a un vrai péril pour les entreprises, qui n’étaient pas préparées et s’adaptent au fil de l’eau. Cette crise affecte les circuits de production et de distribution. L’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] nous dit déjà que l’économie mondiale a perdu 0,5 % de croissance.
L’approvisionnement est en difficulté et la distribution devrait être en péril dans les jours qui viennent. Nous sommes déjà à un point de rupture, car les circuits d’approvisionnement venant d’Asie mettent 45 jours par cargo pour arriver jusqu’à l’Europe. La crise ayant commencé à peu près il y a 45 jours, les ports européens devraient donc désormais recevoir moins de cargos partis de Chine.
Cette situation implique pour les entreprises l’ouverture d’une salle de crise dans une situation complexe, car la crise est transverse. Les entreprises doivent se poser des questions de sécurité, juridiques sur l’assurance face à ce genre de dommages, de production et de ressources humaines car les salariés pourraient commencer à avoir peur d’aller travailler.
La seconde difficulté est que c’est une crise de temps long dont on ne voit pas la fin. Personne ne peut prédire si celle-ci s’arrêtera dans une semaine, un mois ou trois. Personne ne peut donc prédire l’impact réel sur nos économies, d’autant que cette crise a une dimension internationale très marquée et que les réponses des pays sont très disparates. En Chine, on verrouille des villes de plusieurs millions d’habitants ; à Singapour, chaque individu est ciblé et fait l’objet d’une bulle de sécurité ; en Italie, on restreint les déplacements ; en France, on considère que la vie doit conserver un semblant de normalité. Tout cela ajoute à la difficulté pour les grandes entreprises, qui doivent s’adapter de façon polymorphe à des règles en fonction de leur implantation sur un certain nombre de marchés. C’est très complexe.

La France intervient militairement au Sahel depuis sept ans, mais les entreprises françaises ont été jusque-là très peu visées par les organisations djihadistes. Comment l’expliquez-vous ?

Il est vrai que les intérêts français n’ont pas été visés, mais les groupes djihadistes frappent peu les emprises économiques, pour se concentrer sur les populations. Les pays membres du G5 Sahel [Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad] font probablement le job de protéger les entreprises françaises, qui elles-mêmes ont pris des mesures en organisant des formations pour leurs employés et utilisent des entreprises de sécurité privée dont je réclame d’ailleurs un meilleur encadrement. Nous demandons que les formations, l’encadrement et l’expertise des agents de sécurité travaillant à la protection d’intérêts français en Afrique fassent l’objet du même contrôle que leurs homologues opérant sur le territoire français.

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