Club des Directeurs de Sécurité & de Sûreté Des Entreprises

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Entretien avec Patrick Espagnol, Directeur de la Sécurité et de l’Intelligence Economique du groupe EDF

Publié le 9 juillet 2015

Vous êtes directeur de la sécurité d’EDF depuis plus de deux ans, vous avez toujours exercé avant comme grand commis de l’Etat, quel bilan tirez vous de ces deux ans dans le privé ?

La nécessité de se protéger et de protéger son patrimoine est aujourd’hui largement partagée par les acteurs publics et privés, la culture de sécurité étant entrée dans le monde des entreprises.
En ce domaine, il existe de nombreuses similitudes entre la fonction sécuritaire des différents acteurs publics et privés. En effet, chacun décline en son sein les directives étatiques mais édicte aussi des règles propres adaptées à ses enjeux, ce qui démontre l’appropriation de cette nécessité de protection du patrimoine face à des menaces de plus en plus nombreuses et polymorphes.

Le 10 décembre 2015, le CDSE organise en partenariat avec la délégation ministérielle aux industries de sécurité, un colloque international à l’OCDE sur le thème : Sécurité 2020, nouvelles menaces, nouvelles réponses.
Selon vous et plus particulièrement dans votre secteur, constatez vous de nouvelles menaces apparaître et pensez vous qu’il existe déjà des réponses en matière de prévention en gestation ?

Les menaces pesant sur les biens les plus précieux sont séculaires ; elles se manifestent il y a très longtemps avec la guerre du feu ou l’enlèvement des Sabines.
A chaque nouvelle menace, il importe d’opposer une réponse proportionnée en ayant toujours présent à l’esprit la nécessité d’anticiper.
Les besoins en matière de sécurité sont, dans la plupart des cas, communs à la majorité des acteurs. Il convient de contrôler l’accès et la présence de personnes et de biens dans un environnement naturel ou numérique qui nécessite un niveau accru de protection. Ces besoins ont pu être exprimés et partagés dans les groupes de travail du CoFis.
Les réponses sont aujourd’hui partagées entre l’Etat, les sociétés privées de sécurité et les entreprises.
Les menaces les plus prégnantes sont celles liées aux cyber attaques ; l’utilisation malveillante des drones est aussi un important sujet de préoccupation.

Justement, vous êtes responsable au COFIS du collège des utilisateurs. Pouvez vous nous expliquer à la fois en quoi cela consiste, votre fonction et les résultats réalisés ?

Le CoFis est une structure gouvernementale destinée à instaurer un dialogue public-privé rénové et à développer des solutions de sécurité efficaces, mondialement reconnues.

La présidence du groupe de travail « Expression des besoins publics-privés » m’a en effet été confiée il y a plus d’un an. Les travaux que nous y conduisons ont pour but d’analyser les besoins immédiats et futurs d’un grand nombre d’opérateurs, de déterminer ceux qui sont génériques et de les prioriser. L’action du groupe a ainsi permis de recueillir une centaine d’expressions synthétisées autour de 20 thèmes génériques. Le CDSE, que je tiens à remercier pour son aide précieuse, a largement participé en assurant le relais entre ses adhérents et les membres du groupe.

Ces expressions de besoins alimentent les travaux de groupes miroirs chargés de développer des solutions. Les moyens de lutte contre l’usage malveillant des drones fournit un parfait exemple.
Les prochains travaux vont s’attacher à affiner les premiers résultats et à favoriser la mise en œuvre de démonstrateurs.