Club des Directeurs de Sécurité & de Sûreté Des Entreprises

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Laurent MEREYDE - Directeur de la Sûreté du Groupe Technip

Publié le 31 mai 2011

Laurent Mereyde est le Directeur de la Sûreté du Groupe Technip, il est également Administrateur du CDSE et Président de la Commission Sûreté Internationale (CDSE/Cindex).

Technip est le premier groupe parapétrolier français. C’est également le 4ème groupe mondial du management de projets, de l’ingénierie et de la construction pour l’industrie du pétrole et du gaz. Le groupe connait un dynamisme économique des plus importants et a enregistré pour l’année 2009 un chiffre d’affaire de 6.5 milliard d’euros. Le groupe Technip compte également plus de 23 000 salariés implantés dans 48 pays. Cette présence aux quatre coins du globe, expose l’entreprise et ses collaborateurs à un certain type de menaces.

Julien Marcel : Comment s’articule au sein de votre groupe la mission de sûreté dont vous êtes en charge ?

Laurent Mereyde : Une mission en perpétuelle évolution. Le Groupe opère dans un environnement totalement ouvert pour le compte de ses Clients. Il est donc normal que les femmes et les hommes qui œuvrent au sein de la Direction de la Sûreté aient une approche globale des enjeux et surtout une attitude pragmatique. La « zone de confort » que certains pourraient percevoir est devenue un leurre. Une des règles de base au sein de la Sûreté est de se remettre en cause chaque semaine tant en interne qu’en externe. Rien n’est jamais acquis.

Aller au delà des concepts classiques de protection. Les risques potentiels dépassent largement l’aspect de la protection physique des collaborateurs et des installations. Nous observons un spectre de plus en plus ouvert de défis potentiels qui sont autant d’opportunités si nous savons les appréhender avec un esprit humble et créatif. Nos systèmes d’appréciation des menaces et des risques sont ajustés autant que nécessaire. Notre fonction s’adapte en effet à un monde en perpétuel mouvement, il est donc normal que les équipes de la Sûreté soient en permanence en mode « anticipation » et « proactif ».

Un exemple concret : le security design. Au cours des dernières années, nos Clients ont exprimé un besoin croissant de conseils en matière de sûreté pour préserver au mieux les installations que nous concevions et construisions. Ces installations, nous les connaissons parfaitement puisque nous les concevons de A à Z. Le dialogue permanent entre les ingénieurs et leurs collègues de la sûreté a donc abouti naturellement à une idée simple : intégrer les concepts et l’équipement de sûreté ad hoc dès la phase initiale, entendons ici dès le design d’une installation. Les outils modernes de modélisation et l’expérience très large des projets que nous avons réalisés se conjuguent alors, sous l’expertise d’un interlocuteur unique, pour optimiser les paramètres de construction à la plus grande satisfaction du client en phase opération.

Promouvoir la transparence et l’éthique  : deux valeurs cardinales. Aujourd’hui la sûreté est totalement intégrée au cœur des différents métiers de l’entreprise. Elle se doit plus que jamais d’être exemplaire. Bien souvent l’image de la sûreté a été associée au secret. Ce temps, à mon sens, est révolu. La transparence et l’éthique sont deux principes qui permettent à la Sûreté de s’inscrire dans un développement durable et donc reconnu en interne par les collaborateurs et en externe par nos partenaires et nos clients.

Contribuer à la diversité. Je suis convaincu que la Sûreté se fait en harmonie avec son environnement aussi pour un groupe international, il est naturel que la diversité des profils des membres d’une équipe soit une plus-value pour mener à bien notre mission et notre intégration dans l’environnement qui nous héberge. Au delà de la diversité, la Sûreté assume un rôle croissant dans l’intégration de collaborateurs qui peuvent avoir un handicap. C’est grâce à cette capacité à s’ouvrir très largement sur l’autre et ce, quelque soit son profil, avec ses atouts et ses contraintes que nous sommes les acteurs de la création d’une communauté harmonieuse et paisible.

JM : Selon vous, quels types de dispositifs sont à mettre en place au sein d’une organisation afin d’assurer le succès des missions sûreté, que vous exercez ?

LM : Il est important de développer une culture de l’évaluation et de la maitrise du risque pour assurer la protection du capital stratégique de l’entreprise au delà du cliché d’une installation.

L’objectif est de réunir tous les éléments possibles et raisonnables pour contribuer à la confiance et permettre aux collaborateurs de travailler en toute sérénité. La communication juste sans emphase ni langue de bois est essentielle en matière de sûreté. Nous devons expliquer nos démarches afin de mériter, j’emploie à dessein ce terme, l’adhésion des salariés de l’entreprise. Les mesures de sûreté doivent concerner tous les collaborateurs de l’entreprise, quelque soit leur nationalité, leur niveau hiérarchique. Le bénéfice de cette approche est double : il permet de réduire l’exposition globale au risque et il favorise le sentiment d’appartenance à l’entreprise.

A titre d’exemple, nous avons mis en place au sein de notre groupe, une rubrique « sûreté » dans notre intranet. Régulièrement documentée, elle met à disposition les informations et les conseils. Ce support est très régulièrement consulté.

JM:L’actualité dans le monde, en ce premier trimestre 2011 est riche. En tant que Président de la commission sûreté internationale, quelles parties du globe attirent votre attention ?

LM : Si l’actualité met en exergue certaines situations autour du globe, c’est l’ensemble des zones dans lesquelles les entreprises opèrent qui bénéficie de notre vigilance. Nous devons rester humbles et nous garder de stigmatiser une zone plutôt qu’une autre. Notre métier est justement de penser de manière globale avec un mode d’action adapté aux spécificités de chaque entité locale.