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Mieux appréhender les menaces actuelles

Publié le 2 février 2010

Article extrait du figaro.fr .

Les menaces criminelles contem­poraines sont moins le fruit de groupes organisés que d’auteurs isolés. Qu’al-Qaida proclame le dernier attentat avorté le vendredi 25 décembre, que la mafia semble se « régénérer » dans une partie de l’Italie ou encore que la piraterie maritime internationale semble plus active depuis le début des années 2000, il ressort néanmoins que dans la majeure partie des pays occidentaux, ce sont principalement des auteurs seuls ou de petits groupes non structurés qui commettent le plus grand nombre des crimes et délits.

Dans une société hypermoderne, pour reprendre un concept cher à Gilles Lipovetsky ou François Ascher, le délinquant agit et pense comme tout autre citoyen contemporain à savoir de manière individualisée, et même s’il peut être influencé par des réseaux divers. « L’homme hypertexte » évolue de réseau en réseau, mais agit principalement de manière autonome. Ainsi qu’il s’agisse du jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, qui a peut-être été en contact avec des mouvances djihadistes, qu’il s’agisse de « tueurs de masse » (fusillade à Winnenden le 12 mars 2009, 16 morts) ou des auteurs des violences urbaines, certes ils sont baignés de différentes influences (mouvements radicaux, contestataires…), mais ils agissent le plus souvent seuls et là est bien toute la difficulté.

Pour le criminologue, l’expert ou le policier, il est plus aisé de penser des phénomènes organisés et structurés. Ils sont plus simples à repérer, à étudier et à analyser. L’individu, acteur agissant autonome, donne moins la possibilité d’études et d’analyses statistiques. Or il convient de faire l’effort d’appréhender dorénavant différemment la délinquance dans son ensemble sous faute de ne pas apporter les réponses appropriées. Les phénomènes de « bandes », les phénomènes mafieux, la criminalité ou le terrorisme organisé existent, et il ne convient pas ici de les nier, mais ces phénomènes n’expliquent pas le gros de la criminalité.

En prendre conscience est un premier pas pour trouver des réponses adaptées face aux nouveaux enjeux criminels. La question est autant de savoir démanteler des groupes criminels que de disposer d’une société assez « résiliente » et réactive pour intervenir en cas de crise. Le cas de l’attentat avorté est un bon exemple. Ce ne sont pas les services de renseignement, les dispositifs de prévention technologique qui ont été en mesure d’arrêter Umar Faruk Abdulmutallab mais bien les passagers qui ont su le neutraliser. La sécurité a besoin de services de renseignement performants, de la mise en place de dispositifs de prévention, mais elle nécessite aussi, et peut-être surtout, de plus impliquer les citoyens, de les former et les sensibiliser à la culture du risque.